Travail sur le livre et la lecture.
Une activité quotidienne pour certains.
Les gens lisent, peut importe le lieu ou le moment. Certains lisent en se consacrant pleinement à cette activité, d'autres lisent pour combler un moment d'attente.
Prenons-nous le temps de lire ou est-ce que nous lisons car nous en avons le temps ?
Chaque partie de notre corps ressent le livre. On lit avec nos yeux, on murmure un mot, on lit dans notre tête, on lit à haute voix, on tourne une page, puis deux, on lit debout, assis, couché, à genoux, accroupi, en marchant. Et puis on sent le parfum du livre, une odeur de neuf ou une odeur de renfermé.
On lit en attendant quelque chose ou quelqu'un, on lit en mangeant, on lit aux toilettes, on lit dans son bain, on lit avant de s'endormir, on lit en buvant à la terrasse d'un café, on lit en allant au travail ou en rentrant chez soi, on lit quand on est malade, on lit quand on est bien.
Iconographie du lecteur
Association des ces images aux photos résultant de mon observation.
vendredi 9 janvier 2009
Extrait
"Lire, ce n'est pas seulement lire un texte, déchiffrer des signes, arpenter des lignes, explorer des pages, traverser un sens ; ce n'est pas seulement la communion abstraite de l'auteur et du lecteur, la noce mystique de l'Idée et de l'Oreille, c'est, en même temps, le bruit du métro, ou le balancement d'un wagon de chemin de fer, ou la chaleur du soleil sur une plage et les cris des enfants qui jouent un peu plus loin, ou la sensation de l'eau chaude dans la baignoire, ou l'attente du sommeil..."
"Penser/classer", Georges Perec, Lire : esquisse socio-physiologique
vendredi 5 décembre 2008
Le quotidien et le livre
Le connu, le familier ne peut exister sans l'inconnu et l'étranger. C'est grâce à la rencontre de l'étranger que le familier prend sens. Il y a comme des rayons, des connexions entre le familier, le quotidien privé, le chez-soi et l'étranger qui peut prendre la forme du quotidien public. On peut parfois retrouver du familier dans l'étranger, des endroits que l'on connaît bien mais qui diffèrent du quotidien privé qu'est le chez-soi. Le quotidien englobe donc ces deux notions de quotidien, privé et public. L'un n'existe pas sans l'autre, c'est ce lien qui crée le quotidien.
Le livre circule d'un espace à un autre. Il passe du quotidien public (bibliothèque, librairie) au quotidien privé d'un individu, son "chez-soi" et avant même d'être dans ce quotidien privé, il se dissimule dans la frontière, dans un de ces rayons, une de ces connexions entre ces deux quotidiens, c'est-à-dire la rue, les transports, des lieux familiers mais qui ne sont pas un "chez-soi".
S'il est emprunté, il retournera dans un quotidien public avant que quelqu'un d'autre ne le fasse pénétrer dans son "chez-soi".
S'il est acheté, la personne pourra le faire partagé à d'autres, il "visitera" donc d'autres lieux familiers et propre à une autre personne.
Il restera peut-être dans un recoin du "chez-soi" et en fera partie intégrante.
Il pourra également être laissé dans un transport, à disposition d'autres lecteurs, retournera donc dans un quotidien public mais en circulation.
Le livre circule d'un espace à un autre. Il passe du quotidien public (bibliothèque, librairie) au quotidien privé d'un individu, son "chez-soi" et avant même d'être dans ce quotidien privé, il se dissimule dans la frontière, dans un de ces rayons, une de ces connexions entre ces deux quotidiens, c'est-à-dire la rue, les transports, des lieux familiers mais qui ne sont pas un "chez-soi".
S'il est emprunté, il retournera dans un quotidien public avant que quelqu'un d'autre ne le fasse pénétrer dans son "chez-soi".
S'il est acheté, la personne pourra le faire partagé à d'autres, il "visitera" donc d'autres lieux familiers et propre à une autre personne.
Il restera peut-être dans un recoin du "chez-soi" et en fera partie intégrante.
Il pourra également être laissé dans un transport, à disposition d'autres lecteurs, retournera donc dans un quotidien public mais en circulation.
Quel rapport y a-t-il entre le livre et le quotidien ?
Le livre est présent partout autour de nous, on ne le voit pas toujours, on y fait pas attention mais il est là ; montré ou caché, il se présente fier dans une vitrine, fait étalage dans une bibliothèque, se dissimule dans un sac, nous entoure dans notre lieu de vie.
Il est un outil d'instruction et de plaisir, les deux se mêlant parfois.
Il ne prend vie que lorsqu'on le manipule, lorsqu'on l'ouvre et le lit. C'est pourquoi il doit avoir toute notre attention.
Extrait
« De nos jours, la plupart des objets culturels sont intégrés dans une approche multitâche. Autrement dit, on peut écouter de la musique en lavant la vaisselle, visionner un film en bavardant avec son voisin ou lire huit sites Web en simultanée. Le livre, en revanche, demeure l’un des seuls objets culturels qui exigent de tout arrêter. Pour exister, il nécessite une attention exclusive. Impossible de lire un bouquin en pensant à autre chose. Dans un monde multitâche, consacrer tout son temps à une seule activité revient à perdre son temps - ce qui explique sans doute en partie pourquoi on lit moins de livres qu’auparavant. L’intérêt du livre se trouve pourtant là : il exige certes plus d’effort, mais il dilate les heures. Le livre est, en somme, une machine à courber le temps. »
Nicolas Dickner
Le livre est présent partout autour de nous, on ne le voit pas toujours, on y fait pas attention mais il est là ; montré ou caché, il se présente fier dans une vitrine, fait étalage dans une bibliothèque, se dissimule dans un sac, nous entoure dans notre lieu de vie.
Il est un outil d'instruction et de plaisir, les deux se mêlant parfois.
Il ne prend vie que lorsqu'on le manipule, lorsqu'on l'ouvre et le lit. C'est pourquoi il doit avoir toute notre attention.
Extrait
« De nos jours, la plupart des objets culturels sont intégrés dans une approche multitâche. Autrement dit, on peut écouter de la musique en lavant la vaisselle, visionner un film en bavardant avec son voisin ou lire huit sites Web en simultanée. Le livre, en revanche, demeure l’un des seuls objets culturels qui exigent de tout arrêter. Pour exister, il nécessite une attention exclusive. Impossible de lire un bouquin en pensant à autre chose. Dans un monde multitâche, consacrer tout son temps à une seule activité revient à perdre son temps - ce qui explique sans doute en partie pourquoi on lit moins de livres qu’auparavant. L’intérêt du livre se trouve pourtant là : il exige certes plus d’effort, mais il dilate les heures. Le livre est, en somme, une machine à courber le temps. »
Nicolas Dickner
jeudi 6 novembre 2008
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